
Fin de l’ARENH : pourquoi votre facture d’électricité professionnelle est plus exposée que jamais en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, l’ARENH n’existe plus. Ce dispositif, qui garantissait aux fournisseurs (et donc indirectement aux entreprises) un accès à une partie de l’électricité nucléaire d’EDF à un prix fixe d’environ 42 €/MWh, a été remplacé par un nouveau mécanisme : le Versement Nucléaire Universel (VNU).
Sur le papier, la communication autour du VNU parle de « stabilisation » et de « protection » des consommateurs. Dans les faits, pour 2026, c’est l’inverse qui se produit : les entreprises se retrouvent plus directement exposées aux prix de marché qu’elles ne l’ont été depuis des années.
Le VNU n’est pas un prix garanti, contrairement à l’ARENH
La différence de nature entre les deux dispositifs est essentielle à comprendre :
- L’ARENH donnait accès à un volume d’électricité à un prix fixe et connu à l’avance (42 €/MWh).
- Le VNU est un mécanisme de redistribution conditionnelle, basé sur des seuils. Il ne s’active que si le prix de marché dépasse un certain niveau :
- Au-delà d’environ 78 €/MWh, 50 % des revenus excédentaires d’EDF sont reversés aux consommateurs.
- Au-delà d’environ 110 €/MWh, ce taux monte à 90 %.
Autrement dit, le VNU ne garantit rien tant que les prix restent en dessous de ces seuils. Ce n’est pas un prix d’achat, c’est un filet de sécurité qui ne se déploie qu’en cas de flambée.
Pourquoi 2026 est justement l’année sans filet
C’est le point que peu d’entreprises ont anticipé : selon les estimations de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), le niveau de prix retenu pour 2026 se situe autour de 65,86 €/MWh — sous le seuil de déclenchement de 78 €/MWh.
Concrètement, cela signifie qu’aucune redistribution via le VNU n’est attendue en 2026. Les entreprises qui renouvellent ou négocient un contrat cette année le font donc dans un contexte où :
- L’ancien filet de sécurité (l’ARENH) a disparu
- Le nouveau (le VNU) ne s’active pas encore
C’est une transition à vide, et elle tombe précisément sur l’année en cours.
Ce que ça représente concrètement sur une facture
Pour donner un ordre de grandeur, prenons le cas d’une PME consommant environ 100 MWh/an (profil de consommation courant pour un site tertiaire ou un petit commerce) :
- Sous l’ARENH, la part fourniture de son contrat reposait sur une base proche de 42 €/MWh
- Post-ARENH, un contrat renégocié se base plutôt autour de 65 €/MWh, soit une hausse de l’ordre de +18 % sur la seule part fourniture
- En parallèle, l’accise sur l’électricité (une taxe) est repassée d’environ 1 €/MWh (niveau exceptionnel de 2023) à environ 21 €/MWh
Sur une facture annuelle, l’impact cumulé de ces deux évolutions peut représenter +2 000 à +3 000 € par an pour ce type de profil — sans qu’aucun changement n’ait eu lieu dans la consommation réelle de l’entreprise.
Une note plus favorable : les prix à terme se détendent
Tout n’est pas alarmant. Si l’on regarde les prix à terme (les prix auxquels on peut fixer un contrat aujourd’hui pour une livraison future), la tendance est à la normalisation :
- Le contrat électricité CAL 2027 se négocie autour de 58 €/MWh, avec un CAL 2028 légèrement inférieur
- Côté gaz, le prix à terme 2027 (52 €/MWh) et 2028 (34 €/MWh) est nettement sous le niveau spot actuel
Ce qui veut dire qu’une entreprise qui sécurise dès maintenant un contrat pluriannuel peut potentiellement capter cette tendance baissière à moyen terme, plutôt que de subir la volatilité du marché spot au coup par coup.
Pour les sites les plus consommateurs, d’autres options se développent également, comme les PPA (contrats d’achat direct auprès de producteurs, engagement long terme) ou les CAPN (contrats d’allocation de production nucléaire, réservés aux entreprises électro-intensives) — des dispositifs plus complexes, mais qui peuvent offrir une vraie visibilité budgétaire sur 10 à 15 ans.
Ce qu’il faut retenir pour votre entreprise
- Ne comptez pas sur le VNU pour vous protéger en 2026 : le mécanisme ne s’active pas cette année
- Si votre contrat arrive à échéance dans les 12 prochains mois, c’est le bon moment pour comparer les offres plutôt que d’attendre
- Les prix à terme 2027-2028 étant plus favorables que le marché spot actuel, sécuriser un contrat pluriannuel peut avoir du sens selon votre profil
- Chaque situation (taille, profil de consommation, secteur) donne des marges de négociation différentes — une analyse individualisée reste le meilleur point de départ
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