
Le 21 septembre 2026, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, a publié ses premières analyses du fonctionnement du système électrique durant l’été. Vagues de chaleur à répétition, sécheresse, gaz cher : l’été a cumulé des facteurs rappelant 2022. Le bilan est pourtant nuancé, et il éclaire utilement les décisions d’achat d’énergie des entreprises à l’approche de l’hiver.
Ce que dit RTE : un système sous pression, mais qui a tenu
Selon les analyses publiées par RTE, la consommation d’électricité de l’été a progressé de 4 à 5 % par rapport à l’an dernier, tirée notamment par la climatisation. Elle se situe à un niveau comparable à celui de la période 2014-2019.
Plusieurs contraintes se sont cumulées :
- Une production hydraulique très faible : 10,8 TWh sur juin-août, soit la deuxième plus faible production estivale depuis cinquante ans, derrière 2022 (10,2 TWh). Les stocks hydrauliques ont atteint un niveau historiquement bas fin août.
- Un recours accru aux centrales thermiques fossiles, presque exclusivement au gaz : 4,1 TWh contre 2,6 TWh à la même période en 2025.
- Des indisponibilités nucléaires liées à la chaleur, sans que la disponibilité globale du parc ne soit remise en cause.
- Un solaire au rendez-vous : 15,1 TWh produits entre juin et août, en hausse de plus de 20 % sur un an, grâce à de nouvelles capacités et à un ensoleillement exceptionnel.
Malgré ce contexte, la France est restée exportatrice d’électricité la quasi-totalité du temps. RTE précise par ailleurs que le niveau bas des stocks hydrauliques ne génère pas, en tant que tel, d’inquiétudes particulières pour la sécurité d’approvisionnement de l’hiver prochain.
Pourquoi les prix restent pourtant tendus
Sécurité d’approvisionnement ne veut pas dire prix bas. Quand l’hydraulique et une partie du nucléaire faiblissent, ce sont les centrales à gaz qui comblent l’écart aux heures de pointe, et le prix de l’électricité suit alors celui du gaz, lui-même sous tension à l’approche de la saison de chauffe. Les prix de marché observés ces dernières semaines l’illustrent : le spot a connu de fortes hausses et les contrats à terme les plus proches sont nettement plus chers que les échéances lointaines.
Cette structure de courbe, avec des prix élevés sur l’année à venir et plus modérés sur les années suivantes, est une caractéristique clé du marché actuel. Elle rejoint le constat d’un système français globalement robuste et abondant en production bas-carbone à moyen terme, mais exposé à court terme aux aléas climatiques et au prix du gaz.
Ce que cela implique pour l’achat d’énergie des entreprises
Pour un dirigeant ou un responsable achats, ce bilan invite à plusieurs réflexes :
- Ne pas confondre volatilité de court terme et tendance de fond. Un été exceptionnel pèse sur les prix immédiats, mais ne condamne pas mécaniquement les échéances plus lointaines.
- Anticiper l’échéance de son contrat. Renégocier dans l’urgence, en pleine tension de marché, réduit la marge de manœuvre. Suivre la courbe des prix des mois à l’avance permet de repérer des fenêtres plus favorables.
- Différencier ses couvertures selon les horizons (hiver proche, années suivantes) plutôt que de tout fixer en une fois.
- Vérifier la structure de son contrat : prix fixe, indexé ou mixte, clauses de révision, option de fixation progressive. À volumes identiques, ces paramètres changent fortement l’exposition au risque.
Le rôle d’un courtier en énergie dans ce contexte
Décrypter un bilan comme celui de RTE, le relier à la courbe des prix à terme et à son propre profil de consommation demande du temps et de la technicité. Un courtier en énergie B2B assure ce travail de veille : il suit les publications officielles (RTE, CRE), compare les offres des fournisseurs sur chaque échéance pertinente et construit avec l’entreprise une stratégie d’achat adaptée à son budget et à sa tolérance au risque. Le service est généralement sans frais pour l’entreprise cliente, la rémunération étant convenue en amont avec le courtier : c’est un point à faire préciser avant toute signature.
Foire aux questions
Y a-t-il un risque de coupure ou de tension d’approvisionnement cet hiver ? RTE indique que le niveau bas des stocks hydrauliques ne crée pas, en soi, d’inquiétude particulière pour la sécurité d’approvisionnement de l’hiver 2026-2027. Ses bilans prévisionnels et analyses saisonnières restent la référence à consulter.
Pourquoi le prix de l’électricité dépend-il du gaz alors que la France produit surtout du nucléaire ? Sur le marché de gros européen, le prix est fixé par le dernier moyen de production appelé, souvent une centrale à gaz aux heures tendues. Le marché français étant interconnecté, ses prix suivent en partie ceux de ses voisins.
Mon contrat arrive à échéance dans les prochains mois : que faire ? Comparer sans attendre les dernières semaines, en analysant les échéances de fourniture possibles et le type de prix (fixe, indexé, mixte). Un courtier peut réaliser cette mise en concurrence et présenter les scénarios adaptés à votre profil.
Sources
- RTE, premières analyses du fonctionnement du système électrique durant l’été 2026 (publiées le 21 septembre 2026) : https://analysesetdonnees.rte-france.com/
- Connaissance des énergies, « Électricité : RTE détaille les impacts des vagues de chaleur exceptionnelles cet été » : https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-rte-detaille-les-impacts-des-vagues-de-chaleur-exceptionnelles-cet-ete
- Tecsol Quotidien, « RTE : le photovoltaïque a joué un rôle clé pendant la canicule de l’été 2026 » : https://tecsol-quotidien.fr/ete-2026-le-solaire-amortit-les-effets-de-la-canicule-sur-le-systeme-electrique-francais/